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Aromathérapie

Publié le 19 avril 2018

Intérêt des huiles essentielles en complément des traitements conventionnels

Branche de la phytothérapie, l'aromathérapie consiste à soigner à l'aide d'huiles essentielles de plantes. Ses bénéfices, qui n'ont longtemps reposé que sur la tradition, sont désormais reconnus et justifient l'usage qui peut en être fait dans de très nombreuses indications.

Yolande n'est pas migraineuse, mais elle a souffert pendant des années de maux de tête à répétition. Pas une semaine sans être indisposée par des céphalées, jusqu'à ce qu'elle finisse par suivre le conseil de son pharmacien. "Il m'a longtemps proposé d'essayer l'application d'huiles essentielles, explique-t-elle. Je n'y croyais pas vraiment, je préférais m'en tenir aux classiques antalgiques même s'ils ne me soulageaient que très partiellement. Finalement, je me suis laissée convaincre et j'ai appliqué régulièrement quelques gouttes de menthe poivrée et de lavande vraie sur mes tempes. Résultat : les crises se sont raréfiées et se déclenchent désormais de manière exceptionnelle." Un miracle ? Loin de là : à l'image de la phytothérapie, dont elle constitue l'une des branches, l'aromathérapie repose sur l'utilisation des principes actifs des plantes. C'est à l'issue d'un processus de fabrication appelé hydrodistillation que les molécules volatiles de la plante sont extraites. "Les huiles essentielles sont en réalité une forme concentrée du végétal, résume le Dr Jacques Labescat, médecin spécialisé en phytothérapie et aromathérapie. C'est ce qui fait leur force et leur faiblesse : d'un côté, elles sont extrêmement utiles dans un grand nombre d'indications ; de l'autre, elles peuvent se révéler toxiques si elles sont mal utilisées."

Une efficacité démontrée

Si l'utilisation des plantes pour se soigner remonte à la nuit des temps, la preuve de leur efficacité ne repose pas uniquement sur la tradition. La communauté scientifique s'y intéresse de plus en plus et des études rigoureuses viennent désormais attester de leur intérêt. L'activité de nombreuses huiles essentielles est ainsi bien documentée que ce soit à travers d’essais in vitro, sur l'animal ou encore dans des études cliniques. Elles présentent des propriétés antiseptiques, sédatives, relaxantes, antalgiques, anti-inflammatoires ou encore qu'elles améliorent les troubles de la digestion. "Dans la prise en charge de la douleur, leur utilité est même singulière, reprend le Dr Labescat, en étant efficace dans les indications où la prise de médicaments est délicate. C'est le cas, par exemple, pour les personnes sous anticoagulant ou les femmes enceintes, chez lesquelles le recours aux anti-inflammatoires conventionnels reste proscrit." Les huiles essentielles de menthe poivrée, d'eucalyptus citronné ou de gaulthérie agissent ainsi sur l'inflammation à l'origine des douleurs.


Pour Françoise, le recours à l'aromathérapie a été salutaire dans un contexte très éprouvant. "Pendant mes cures de chimiothérapie à la suite de la découverte de mon cancer du côlon, j'ai énormément souffert. C'est mon médecin généraliste, avec l'accord de mon oncologue, qui m'a orientée vers les huiles essentielles en accompagnement. Je ne dirais pas que cela a changé ma vie, mais les séances de chimio sont devenues beaucoup plus supportables." Un exemple qui illustre parfaitement le caractère complémentaire des thérapeutiques basées sur les plantes. "Il ne s'agit pas d'opposer traitements conventionnels et aromathérapie, reprend le Dr Labescat, mais de profiter du meilleur des deux."

Des usages hospitaliers qui se multiplient

Que ce soit, comme Françoise, pour limiter les effets indésirables de traitements lourds - chimiothérapie, radiothérapie - ou pour soulager les conséquences d'affections chroniques (poussées d'arthrose, douleurs lombaires, colites…), les huiles essentielles peuvent aider à condition toutefois d'en entourer l'usage par l'avis d'un professionnel de santé. Gare en effet aux mésusages et aux interactions. Certains médecins se sont formés à la phytothérapie et à l'aromathérapie, mais ils restent rares. Seuls les pharmaciens ont reçu un enseignement approprié au cours de leurs études, qui leur permet de conseiller les patients. Ils rappelleront par exemple que les huiles essentielles ne doivent pas être utilisées chez les enfants de moins de trois ans.

Longtemps cantonnée à un usage recommandé par des médecins libéraux, l'aromathérapie trouve peu à peu sa place au sein des hôpitaux. "On voit ainsi apparaître des protocoles de désinfection des blocs opératoires, des diffusions dans les services de soins palliatifs ou des messages relaxant en milieu hospitalier" constate le Dr Serge Michalet, maître de conférence en pharmacognosie. Les propriétés antibactériennes des huiles essentielles pourraient même permettre de venir à bout de certains germes multirésistants aux antibiotiques. En 2017, l'Office européen des brevets a ainsi récompensé du prix de l'inventeur de l'année un pharmacologue marocain pour ses travaux sur l'association d'antibiotiques et de carvacrol, une substance présente dans les huiles de marjolaine ou de thym. Un cocktail qui a permis de venir à bout d'infections urinaires qui résistaient aux traitements conventionnels… et illustre tout l'intérêt à porter à l'aromathérapie.

  • Xe siècle

    date de l'invention de l'alambic

  • 1960

    Jean Valnet publie des ouvrages de référence sur l'utilisation des huiles essentielles

  • Le mot

    "aromathérapie" a été inventé par René-Maurice Gattefossé

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